Dr Dominique Truchot-Cardot, directeur médical Laerdal Médical France
Cas n°1
Nous sommes dans un café à Paris, un homme d’environ 50 ans entre et s’écroule brutalement. Le serveur se rend auprès de lui, l’homme ne parle pas, ne réagit pas. Le serveur sait que dans ce cas, il doit prendre l’appareil placé à coté de l’extincteur, derrière le bar. Comme pour l’extincteur, il est régulièrement informé à son utilisation.
Il ouvre la boîte, place les électrodes sur la poitrine de la victime; il entend la voix de l’opérateur des secours, il sait que les moyens de secours spécialisés sont déjà engagés. Il suit les instructions qui lui sont données.
La victime bénéficie rapidement d’un premier choc , puis d’un second. Les secours spécialisés arrivent, le patient a retrouvé un pouls .
Cas n°2
Monsieur M. rentre à domicile après 10 jours d’hospitalisation en cardiologie. Il a fait un infarctus et a pu bénéficier d’une angioplastie avec pose de stents, dont le résultat est jugé satisfaisant.
Au cours de son hospitalisation, monsieur M. a présenté plusieurs épisodes de troubles du rythme à type de TV, avec un passage en FV. Le cardiologue envisage donc une nouvelle hospitalisation pour bilan rythmologique et pose éventuelle d’un défibrillateur implantable.
Cette nouvelle prise en charge ne pouvant avoir lieu que dans 3 semaines, le cardiologue prescrit à monsieur M, un défibrillateur automatisé et informe son entourage de l’utilisation d’un tel appareil. Le pharmacien délivre l’appareil et s’assure de la bonne compréhension de l’entourage.
Monsieur M. lors d’un repas présente un malaise avec douleur thoracique. Il s’écroule brutalement et ne réagit plus aux stimuli de son épouse. Elle prend le défibrillateur, colle les électrodes, et se laisse guider par les instructions. Elle est rassurée car elle entend la voix de l’opérateur des secours. Monsieur M est rapidement choqué à plusieurs reprises. Les secours spécialisés arrivent et prennent en charge monsieur M. Le service de cardiologie a déjà reçu les tracés enregistrés par le défibrillateur depuis l’installation des électrodes. Monsieur M a retrouvé une activité cardiaque normale et les cardiologues ont mieux compris le mécanisme de ses troubles du rythme. Il bénéficie immédiatement de la pose d’un défibrillateur implantable.
Monsieur M a 40 ans et toute la vie devant lui ...
Cas n°3
Madame F. est hospitalisée en chirurgie car suite à une chute, elle présente une fracture du poignet qui vient d’être opérée.
Elle s’écroule brutalement devant l’agent d’entretien et ne réagit plus aux stimuli. L’agent appelle au secours dans le service, prend rapidement le défibrillateur et colle les électrodes. Elle suit les instructions et entend la voix du réanimateur (elle sait que l’équipe mobile de réanimation est déjà prévenue). L’infirmière arrive avec le chariot de réanimation. Le défibrillateur a déjà délivré 3 chocs.
L’équipe du service débute un massage cardiaque externe et une ventilation artificielle. La patiente est prise en charge par l’équipe de réanimation.
Madame F a 26 ans, elle souffre d’une dysplasie arythmogène du ventricule droit. Sa chute est probablement due à un premier épisode de trouble du rythme paroxystique.
T rois situations bien différentes mais une même unité de temps : la défibrillation la plus précoce possible.
Les arrêts cardio-pulmonaires sont inopinés, les patients présentent initialement, pour la plupart, une fibrillation ventriculaire. On peut espérer une survie de 90% si la fibrillation est choquée dans la première minute.
Chaque minute qui passe fait baisser l’espérance de survie de 10% et aggrave la qualité de vie des survivants de façon exponentielle (pronostic neurologique effroyable après 5 minutes). Après 10 minutes (ce qui est le délai moyen d’intervention des secours spécialisés en milieu urbain !), 90% des victimes décèdent ou présentent des troubles neurologiques sévères.
La méta analyse de l’ensemble des publications par le PAD Trial Investigators a démontré :
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