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Toute douleur dans la poitrine doit faire craindre un infarctus du myocarde (IDM), or cette affection est la première cause de décès en France et son traitement est une véritable course contre la montre.
Qu’est-ce que L’IDM ?
Le muscle cardiaque (myocarde) est vascularisé par les artères coronaires. Lorsque celles-ci se bouchent, le myocarde ne reçoit plus de sang et manque d'oxygène. On dit qu’il souffre d'ischémie. Lorsque cette situation est passagère et réversible on parle d’angine de poitrine (angor). Lorsqu’elle est persistante et spontanément irréversible, elle aboutit à la mort (nécrose) d’une zone plus ou moins vaste de muscle cardiaque : on parle alors d’infarctus du myocarde. La gravité de l'infarctus tient surtout à son étendue. Si cette atteinte est très importante, le fonctionnement de toute la pompe cardiaque est altéré. Il en résulte une insuffisance cardiaque ou des contractions cardiaques anormales ou anarchiques (troubles du rythme et de la conduction) pouvant parfois aboutir à un arrêt cardio-respiratoire.
Quand suspecter un IDM ?
Le plus souvent c’est une douleur localisée derrière le sternum qui révèle l’IDM. Dans sa forme typique cette douleur est intense : elle serre « comme dans un étau ». Elle irradie vers le bras gauche et la mâchoire inférieure. Elle peut s’accompagner d’une sensation d’essoufflement, de nausées, de sueurs et d’angoisse. Cette douleur ressemble à celle de l'angine de poitrine. Mais contrairement à cette dernière, elle est durable et résiste à la prise de trinitrine. Certains facteurs favorisants sont bien connus : l'hypertension artérielle, l'hérédité, l'hyperlipidémie, l’abus de tabac, le diabète, l'obésité, l'hypothyroïdie et stress… Le risque de faire un infarctus est également important chez les personnes souffrant déjà d’une angine de poitrine ou ayant des antécédents familiaux d’infarctus.
Est-ce bien un infarctus ?
Même si une douleur dans la poitrine ne traduit pas obligatoirement un IDM, elle ne doit jamais être négligée car elle révèle également d’autres pathologies dont certaines peuvent également être graves. Un avis médical et la réalisation d’un électrocardiogramme au domicile sont donc indispensables pour affirmer le diagnostic.
Quelles sont les principales complications en urgence ?
Les principales complications de l’infarctus en phase aiguë sont les troubles du rythme cardiaque. On les rencontre dans la grande majorité des IDM. La menace principale est représentée par la survenue d’une fibrillation ventriculaire. Cette complication se traduit par un tableau d’arrêt cardio-respiratoire qui impose des mesures immédiates de réanimation (ventilation artificielle et massage cardiaque externe). Le défibrillateur semi-automatique trouve ici une indication de choix puisqu’il est capable de détecter ce trouble du rythme et de le traiter par l’administration d’un choc électrique délivré selon des modalités précises (fréquence, intensité).
Que faire avant l’arrivée du médecin ?
- Si le patient a mal dans la poitrine mais qu’il est conscient et qu’il respire :
· Avant tout informer immédiatement le 15 de la situation.
· Laisser la victime au repos dans la position où elle se trouve le mieux.
· Si le patient dispose de dérivés nitrés d’action rapide que son médecin lui a prescrit (trinitrine en spray ou en comprimés) on peut lui en administrer - une fois - sauf si la tension artérielle est trop basse.
· Administrer éventuellement de l’oxygène au masque.
- En cas d’arrêt cardio-respiratoire : la réanimation cardio-pulmonaire de base (massage cardiaque externe et bouche-à-bouche) doit être débutée immédiatement. En outre, si on dispose d’un défibrillateur semi automatique il doit être mis en place sans tarder.
En quoi consiste le traitement médical de première intention ?
Ce traitement de première intention, qui peut être instauré par tout médecin, consiste à « fluidifier » le sang et à diminuer sa coagulabilité pour favoriser la vascularisation dans le territoire myocardique privé d’oxygène. Il repose sur les héparines et l’aspirine. Il est complété par la lutte conte la douleur (morphiniques) et éventuellement contre l’anxiété.
En quoi consiste le traitement spécialisé ?
Le traitement spécialisé consiste à « déboucher » (on dit désobstruer) le plus rapidement possible l’artère contenant le caillot, et cela avant que les lésions ne deviennent irréversibles (idéalement en moins de 6 heures). Pour cela il existe deux techniques :
- La fibrinolyse, qui consiste à injecter des produits qui vont « faire fondre » le caillot. Elle doit être réalisée très rapidement, c’est pourquoi les équipes du SAMU, certains médecins pompiers ainsi que des médecins généralistes travaillant en collaboration étroite avec les services d’urgence, utilisent cette technique aujourd’hui dès leur arrivée sur les lieux au domicile même du patient.
- L’angioplastie, qui est une technique plus agressive ne peut être réalisée que dans un service spécialisé. Elle consiste à dilater l’artère obstruée à l’aide d’un ballonnet introduit dans une artère de la jambe (artère fémorale) et poussé jusqu’au coeur. Elle aussi doit être réalisée très rapidement.
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